Oasis scintillant aux pieds de l’Atlas, au 11ème siècle naissait Marrakech qui allait devenir plus tard la Ville aux 100.000 palmiers. En 1062, le sultan Youssef ben Tachfine choisit ce site bien protégé pour y établir son camp. Manquant d’eau, il fit creuser des puits et planta des palmiers que l’on arrosa par un système de Rhettaras. Cet ingénieux réseau de conduites souterraines irrigue encore aujourd’hui les jardins de la ville. Sous l’impulsion du sultan almoravide, Marrakech devient rapidement l’un des principaux centres culturels et artistiques du monde islamique, un carrefour économique où se rencontrent Arabes, Berbères, montagnards et nomades traversant l’Afrique. Construction de palais, de bain et de jardins… Les almoravides consacrèrent une grande partie de leurs richesses à l’embellissement et l’agrandissement de la ville. A sa mort en 1106, Youssef ben Tachfin laissait à ses successeurs un splendide joyau architectural. Capitale d’un empire influent de la Méditerranée au Sénégal, la ville connaît son apogée sous le règne d’Ali, fils de Youssef. À l’abri de ses remparts, les artisans venus d’Espagne y bâtirent les premières constructions de style andalou.
Avec l’avènement de la dynastie des Almohades en 1147, nombre de ces édifices sont détruits puis reconstruits à nouveau par les artisans andalous. Le palais des Almoravides est rasé pour y élever une mosquée, la Koutoubia, dont le remarquable minaret domine toujours la cité. À la fin du règne almohade, la ville amorce une période de troubles et de déclin quand les Mérinides établissent leur capitale à Fès. Au 16ème siècle, les Saâdiens venus du Souss pour prêcher la guerre sainte s’emparent de Fès et règnent alors sur tout le Maroc. Redevenue capitale, la cité ocre prospère à nouveau et se dote de somptueuses mosquées, fontaines et médersas. Le plus célèbre de la dynastie, Ahmed el Mansour, surnommé « Le Doré » pour son immense fortune, fera notamment ériger le palais d’El Badia et les Tombeaux Saâdiens. Avec la dynastie des Alaouites qui installe le pouvoir à Meknès, Marrakech traverse une nouvelle période de déclin tout en restant une résidence appréciée des souverains, comme Sidi Mohammed Ben Abdallah qui consacra une partie de sa fortune à la restauration
|